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Date de création : 12.03.2009
Dernière mise à jour : 07.11.2009
75 articles


Un truc qui cloche

Publié le 07/11/2009 à 01:33 par couleursdeplume
Un truc qui cloche
ça doit être juste une pièce de rien du tout
Dans le mécanisme humain
Un clapet clic-clac roulement
Caché sous la couverture de la conscience
Derrière les barrages volontaires
Sous l'iceberg apparent
Ca gratte ça démange ça ronge un peu
Tout au fond de mon cerveau
La toile est infectée
J'ai perdu quelque chose

Une pièce de rien du tout
L'élément central
Le feu
L'âme
La vie


Funambule II

Publié le 07/11/2009 à 01:25 par couleursdeplume
Tant de fois
J'ai voulu couper le fil
Tomber
Rompre la corde
trop longue
Si sinueuse
Insensée
Et si seulement
Elle était plus facile

Tout le temps tenter
De la suivre lentement
De mes pas la prolonger
Vers l'horizon
De mon coeur étendre
La ligne au ciel
De mes mains la modeler
De la forme de mes rêves

Sur la pointe des pieds
Marcher
Vers le bout du monde
En quête du sens
C'est peut-être vieillir
C'est peut-être apprendre
Ou juste respirer

Nez à nez

Publié le 07/11/2009 à 01:21 par couleursdeplume
Du fond des entrailles nouées
J'implore

Anéantis-moi

Moi égocentrique et furieusement têtu
Elémentaire, primitif, saugrenu
Titubant sur la corde tendue

Moi immobile
Qui marche au hasard d'une destinée
Qui cherche entre les lignes
Et écrit la suite peu à peu

Moi caillou hermétique indestructible
Petite pierre roulée dans le courant
Sculpture d'eau déroutée
Insolente et frêle

Moi guerrier de la justice
Affamée de vie, insatiable de liberté
Fragile bête effrayée suspendue dans l'arête
Sur le sommet de ton ciel
Dépouillée
Crispée sur la faille

Moi fondue dans le doux écoulement
D'une caresse tendre
Sur ton coeur posée
Les pensées haletantes envolées
Quelque part où la vie suspendue
Gigote, attend un nouveau départ

Moi suffocante le souffle rompu
Mordue par les crocs pointus d'une violence invisible
Rieuse devant les leurres incessants des dieux
Projetés sur la surface de mon coeur pour l'atteindre
Moi étranger à lui-même
Sur le fil qui surplombe le trou noir béant des évènements

Moi attentive à chaque soubresaut de lui-même
A chaque onde de douleur
A chaque cercle concentrique de la peur
Moi en proie au doucereux poison
Qui aide à supporter
Les méandres tout de fois incompréhensibles du fil
Sinueux et paisible

Du fond des entrailles nouées
Je m'implore

Anéantis-moi

Le pessimisme conté

Publié le 05/11/2009 à 19:45 par couleursdeplume
On a roulé l'homme dans la toile du confort, ou plutôt, il s'est roulé tout seul. Il s'y est senti bien, et s'y est englué.
La société de consommation l'a anesthésié.
Irrésistible poison. Liqueur d'illusion.
Le terrible animal du désir l'a dévoré, chaque instant écoulé le long du fil.

Il n'en parlait jamais car "rien ne sert d'en parler".
Ce n'était toujours que des mots. Des mots qui s'évaporaient...
et les maux ? Un non-retour.

Noué dans ses rêves de paresse, il n'en faisait pas moins. Trop éprouvant!
Simplement immobile, il attendait la crise.
Au bord de la chute a-t-il enfin essayé de ne pas tomber?
Il devait être menacé pour agir, déjà sentir un danger mortel peser sur ses épaules.
Il planait, au dessus de sa tête, la menace du trop tard.

Adepte indomptable du facile, il s'est parfois complu à dire que ce danger était irréversible plutôt que mortel.
Et puis, les bras baissés, il a d'abord déposé sa culpabilité de bonne conscience sur le dos de son voisin, dans les pas de la technologie, entre les doigts de l'économie, du gouvernement.

Non. Il ne voulait pas changer. Rien changer.
Tout allait très bien comme ça.
Il menait sa petite vie futile dans l'ici et le maintenant, sans se soucier ni des autres ni de l'état du monde.

Il avait tout mais il avait oublié d'être.

Il n'avait pas compris que le monde et lui ne faisait qu'Un.
Il avait dominé, combattu, modelé la Nature. Il devait maintenant se combattre lui-même, tel était le défi.

Buddhism coffee

Publié le 27/10/2009 à 20:29 par couleursdeplume

Black coffee
Without hair
A big growing mouth spends time to blow the universe
At my feet
And drinking slowly makes me feel happy

I have to wake up out of my dream
See the real sky
which is touching my skin
Caressing my chest
The red sun has coloured my nose
Under the eyes
A silly innocence
Joy

I had some inside

Dreams
In the goldenness of my night
when the spirit flies
Pretty wings
Until the end of thoughts
Dreams which happened
Anywhere in the circle of life
Home is where it hurts

I want to go to Kamtchatka

Black coffee
Travel in one of his dark seeds
Abroad and everywhere
You change the place where you live, you change your way of thinking
About things, little strange and comic objects
Floating all around your head, your heart

Performance of my life in real time

A winter child under a warm summer rain
Quietly suffering
High
Numb
Immobile on the pavement
His empty eyes looking "everywhere"
So violently innocent
Lost in the grey tricks of Life
Storms
When gods are dying of laughter
He's not brave enough to swim between the clouds

But there is no excuse
No reason to create another sky
As this one just above our heads
is such an artwork
Great illusion
The grass is always more green anywhere else


Black coffee
Blacker everytime I taste

Le train de la vie n'attend pas

Publié le 23/10/2009 à 01:58 par couleursdeplume
Noyée dans le vide de tes mots
Néant
Arrondir l'espace avec des angles
Et puis
Faire le grand saut

Continuer, traîner cette enclume de peurs
Qui chaque matin souligne les yeux de noir
J'annonce la couleur "jour de pluie intégral"
Le coeur lourd sanglote
Entre-lassé dans la toile des idées

Croire encore
Même après toutes les fois mal placées
Courir, rattraper
Les vieux clichés du bonheur
Et pleurer tant ils étaient beaux
Tant ils étaient vrais
Avant d'être figés

S'accrocher aux lambeaux de nos caresses
A la tiédeur de ta peau
A la fièvre, le baiser splendide
Le soir où la lune s'est levée

Un rêve entre nos lèvres
S'est tissé au fond de moi
Tu l'as tondu avec ma tolérance
J'avais les yeux fermés d'amour

La braise peut-elle se raviver trois fois?
Faut-il déjà s'incliner avec respect, dire adieu?
Faut-il s'habiller en noir?

En vert et contre tout
Jongler encore
Entre raison et folie
Qui barbouillent le triste visage de l'espoir
Qu'il restait


Le réservoir est vide


Cessons les joutes
La vérité ne se confond pas en mensonge
Et dans nos déguisements de nécessité
Nous avons l'air idiots et usés
L'orgie de confiance est terminée
J'en suis repue et presque
Soulagée

C'est con, ils étaient beaux nos sourires
Avant de sonner creux

Mieux vaut peut-être marcher seule
Surtout avancer
Encore
Vers mon propre Rêve

Ces choses-là ne s'insufflent pas
Il est vain de faire du bouche-à-bouche
Tes lèvres sont fermées
Et les miennes si rouges…
Je veux voir le monde en entier

Mes bras sont las de tout porter
Ils ne demandent que repos
Baisser la garde, ne protéger que Soi
Le pousser vers l'avant
L'ouvrir vers l'ailleurs

Réapprendre à sentir
Au coin de l'oeil
Dans le ventre d'une goutte
Le Rêve


Le train de la vie n'attend pas


Debout
Les yeux ouverts
Immobile
Face au vent

Entre coeur et tête
J'ai perdu les deux

Paroxysme de la noirceur

Publié le 21/10/2009 à 23:21 par couleursdeplume
Le bonheur s’est défenestré
Sur le bitume du monde où l’on ne rêve pas
Il est tombé

Je ne me regarde plus dans le miroir
Pas besoin, je sens
Mon corps et son habitant
Se déshumaniser

Visage blafard, cernes bleuies
L’intérieur étouffe
Sur la peau, une marque indélébile
Une trace incise de non-retour

J’ai changé de lentilles
Derrière, le monde coloré s’agite
Et je n’en distingue qu’une demi-sphère


La confiance défragmentée
L’amour dévoré jusqu’à la moelle
Je n’ai plus de rêves pour animer mon visage

On les a tondus


( Et il faudrait sourire pour plaire aux yeux des autres...)

sans titre

Publié le 21/10/2009 à 23:12 par couleursdeplume
Superposition indicible de voiles
De toutes sortes
De rubans devant les yeux, les oreilles
Saurons-nous encore nous regarder ?


Utopie et réalité se confondent comme le rêve, au début, se mêlait à la vie.

La pluie diluvienne de nuit
L’orage tacite
Suie
Le jour de soleil
La terre trop sèche


Là-haut, les dieux riants savaient.

Accorder encore la confiance
Ouverte déjà
Plaie béante tendue
De toutes ses douleurs
Vers l’inconnu
L’infini acide

Ou cette mer molle de caresses
La vague irrépressible de bonheur se roule
Lourde
Danse la moiteur
Dune
Cicatrice encore ouverte


La douleur suinte, les pores ne se referment jamais. Et la porte…

Dans la nuit
Reposer
Les yeux silencieux
Et laisser gronder
Cette houle de quiétude lasse et de rage

L'heureuse possession d'une âme

Publié le 11/09/2009 à 00:06 par couleursdeplume
Une seule certitude
Celle de ne pas être vide

Regorger d’émotions
Toutes plus bêtes les unes que les autres
Peur envie tristesse espoir
Que de déboires
Bric-à-brac intérieur à bâtons rompus
Toile infestée décousue

Et vouloir devenir aveugle


Et puis… s’aveugler
Respirer

le vide
suspendu



C'est déjà mieux qu'un cynisme acide

Au contour

Publié le 10/09/2009 à 23:20 par couleursdeplume
Au contour
La vie entrevue, le ciel
Immense de possibles
L’amour sur le fil
Titube
En équilibre sur le temps
La mémoire s’encouble
De désirs et de craintes
Les jours s’enfilent nus et froids comme sur une aiguille
Poupées vaudoues de la tête au coeur

Et nous n’avons pas le choix
Nous devons sourire

Sourire de tous nos monstres et de toutes nos âmes


C’est tout ce qu’il nous reste
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